J'ai tant imaginé ton ombre que ton corps semble m'être destiné
De toi il ne me reste plus rien si ce n'est que le droit de rêvé
Et le devoir de ne jamais faillir à ce dessein qui semblait m'être prédestiné.
Etre une ombre entre les hommes revêt un insipide délice ;
Plus sombre que l'ombre d'un homme illuminé par ce doux supplice :
De n'être qu'un homme avec une ombre partageant cette vie évocatrice
De ce sentiment qu'on pense savoir mais devant lequel on parait toujours novice.
Ton souffle semble, telle une girouette diriger mon c½ur en dérive
Trop souvent seul et si souvent déboussolé d'une crainte vindicative,
Qui se veut être l'âme instigatrice de toutes ces émotions fautives.
Mais j'ai tant rêvé de toi que ton existence semble être irréelle
Qu'il n'est plus temps que je sorte de mon paisible sommeil.
Et au risque d'être hanter par cet étrange désir substantiel
Je voudrais y mourir et que par inadvertance tu sois là à mon réveil.
PYRS ROSTAN

